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MISTER DJEUMFA : LE STRATÈGE !

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C’est un nom qui suggère beaucoup de souvenirs aux camerounais, et même aux étrangers. Partant de ses déclarations en dehors des terrains jusqu’à ses résultats sportifs passant par ses choix et méthodes tactiques, le personnage Alain Djeumfa reste au yeux de nombreux observateurs un technicien énigmatique; Ainsi perçu, comprendre l’homme mais surtout ses méthodes pourrait donc sembler relever de la métaphysique.

Porté à la tête de la sélection nationale féminine du Cameroun le 26 janvier 2019, le natif de Bangou dans l’Ouest du Cameroun hérite d’une sélection nationale troisième de la dernière Coupe d’Afrique des Nations au Ghana, mais surtout qualifiée pour la Coupe du Monde en France. Alain Djeumfa a donc pour mission principale de bien figurer au mondial français en franchissant la phase des poules comme lors du précédent exercice au Canada, mais surtout de qualifier Nchout Ajara et ses coéquipières aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

Des débuts peu convaincants

Le technicien camerounais connaît des débuts plutôt difficiles. Pour sa première sortie lors du Tournoi Amical International à Wuhan, son équipe échoue en finale contre la Chine (1-0) après avoir éliminée la Croatie en demi-finale (1-2). Puis une lourde défaite contre l’Espagne (4-0) en début de préparation pour le mondial.

Débutent alors les inquiétudes, car au delà de ces résultats catastrophiques, le jeu des camerounaises est sans réels repères, et sans identité. L’urgence est signalée, et il faut vite reconquérir la confiance du très exigeant public camerounais. Les victoires des lionnes à la veille de la compétition vont redonner de l’assurance aux filles et permettre à Alain Djeumfa de mieux affûter ses armes pour la grande compétition.

Quelques jours déjà avant l’entrée en lice du Cameroun, Alain Djeumfa avait déjà concentré l’essentiel des projecteurs du monde sur lui. Ceci à la faveur de ses déclarations lors de la conférence de presse qui précédait la visite de Samuel Eto’o dans la tanière «Samuel Eto’o est une icône. Il sera là demain. Il nous l’a assuré. Je pense que les filles seront galvanisées par sa présence et comme vous le savez, il ne vient jamais les poches vides donc ce sera très stimulateur pour notre équipe nationale»

«Alain Djeumfa est certainement un bon entraîneur mais un mauvais communiquant.»

Thierry Ndoh, journaliste

Ces déclarations jugées maladroites signent déjà le pacte de désamour entre lui et le public camerounais. Sur une émission de débat sur Canal 2 International, Thierry Ndoh rappelait déjà qu’il n’était pas à sa première bourde : «Alain Djeumfa est certainement un bon entraîneur mais un mauvais communiquant. C’est pas la première fois qu’il loupe une occasion de se taire ou bien de parler autrement. J’avais déjà fustigé sa communication sur le cas Enganamouit.» s’insurgeait le journaliste de Sky One radio

Coupe du monde : le sommet de la stratégie Djeumfa ?

Lors de la première rencontre de la phase de poules face au Canada, Alain Djeumfa, contre toute attente aligne un système de jeu en 5-3-2 avec Aboudi Onguéné et Nchout Ajara pour exploiter les maigres occasions que pourraient se procurer les lionnes. La balle “soufre dans les pieds” des camerounaises pendant toute la rencontre, qui visiblement étaient peu à l’aise dans ce choix tactique plutôt objectif, mais peu ambitieux du sélectionneur qui semblait jusque là être le seul à savoir où il allait.

A la fin de la rencontre, le résultat (défaite 1-0) ne lui donne pas raison mais l’homme quant à lui semble avoir atteint son objectif : limiter la casse. Les Lionnes auraient même pu décrocher le point du nul, n’eût été l’erreur d’Annette Ngo Ndom sur le but Canadien. L’espoir demeure pour Alain Djeumfa, mais le doute s’agrandit chez les camerounais.

Lors de la deuxième rencontre face au Pays-Bas, Alain Djeumfa évolue légèrement dans son système de jeu. Il revient au 4-3-3 habituel des lionnes. Les filles sont plus entreprenantes, mais pêchent dans l’élaboration du jeu. Elle se créent nettement plus d’occasions, mais manquent de justesse technique dans les derniers gestes. Au coup de sifflet final, les lionnes sont une nouvelle fois battues et avec cette fois un score plus large (3-1).

Le constat est clair: en ouvrant ou fermant le jeu, les lionnes s’inclinent toujours, toute chose qui interpelle le niveau de nos filles par rapport aux adversaires qui sont parmi les meilleures nations de football au monde. Lors de la troisième rencontre face à la Nouvelle Zélande, il fallait gagner en espérant que les autres adversaires dans la course aux meilleurs troisièmes se comportent moins bien.

Si collectivement les camerounaises ont eu toute la peine du monde, il ne restait plus qu’à s’en remettre aux exploits individuels de ses leaders. Atout offensif numéro un, Nchout Ajara saisit bien le message. Alignée sur un flanc de l’attaque, elle éclabousse de toute sa classe le match face à la Nouvelle Zélande en réalisant un doublé. Les lionnes s’imposent 2-1, mais surtout décrochent, pour la deuxième fois d’affilée, la qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe du Monde. Face à l’Angleterre en huitièmes, les filles, largement inférieures, s’inclinent logiquement et sortent de la compétition en larmes.

À l’heure des comptes, on se rend évidemment compte que ce qui semblait impossible est devenu possible, grâce à la vista d’une joueuse: Njoya Ajara, mais aussi et surtout grâce à “l’intelligence” de Mister Djeumfa qui bien que n’ayant pas séduit techniquement dans le jeu, a bel et bien le mérite d’avoir adopté une stratégie bien huilé qui a permis de limiter la casse pour au finish se qualifier pour la phase à élimination directe.

Et pour la suite…

Après une coupe du monde loin d’être catastrophique, le prochain objectif pour Alain Djeumfa est de qualifier les lionnes pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Après avoir franchi tour à tour les obstacles Éthiopien, Congolais et Ivoirien dans la douleur, il ne reste plus qu’un seul tour pour qualifier les lionnes, huit ans après la dernière à Londres. En face ce sera la Zambie.

Une qualification viendra conforter le statut de stratège d’Alain Djeumfa qui sans forcément séduire, atteint ses objectifs en silence. Ce qui lui vaut d’ailleurs le statut de grand favori pour être élu meilleur entraineur africain de l’année chez les femmes. Preuve que son travail n’est pas passé inaperçu, même au sein des instances dirigeantes du football continental.

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