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LIONS A’ – CLÉMENT ARROGA : ENTRE INTELLIGENCE IRRATIONNELLE ET JUSTESSE MANAGÉRIALE

LIONS A’ – CLÉMENT ARROGA : ENTRE INTELLIGENCE IRRATIONNELLE ET JUSTESSE MANAGÉRIALE

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Le sélectionneur de l’équipe nationale A’ a rendu publique ce lundi la liste des 30 joueurs retenus pour le stage préparatoire au CHAN 2020; toute chose qui s’inscrit aux antipodes des exigences sociales et juridiques ambiantes, mais pourrait trouver tout son sens relativement à l’idée de l’urgence, de la nécessité : Analyse.

D’abord les Faits

Le mois de mars dernier les Lions A primes ont dû interrompre leur ultime stage préparatoire au CHAN que le Cameroun était censé abriter du 04 au 25 Avril. La ménace Covid-19 était déjà présente, et il fallait agir. Clément Arroga décidait donc de renvoyer ses 30 poulains à la maison, tout en leur transmettant un programme de travail spécifique que chacun devait individuellement respecter pour se maintenir en forme. La note du Minsep suspendant toute activité sportive a donc forcé la team Cameroon à revoir ses plans, ou du moins à les reporter à une date ultérieure. Le 30 juin, la confédération africaine de Football après sa visioconférence prend un certain nombre de résolutions au rang desquelles la reprogrammation du CHAN en janvier 2021.

Quelques semaines plus tard, certaines rumeurs ont commencé à indiquer le lancement de la nouvelle saison du championnat camerounais au mois de septembre; chose qui a d’abord été officialisée au 26, puis reportée à une date jusqu’ici inconnue. On est en septembre, à 4 mois du CHAN, les mesures restrictives de libertés de rassemblement édictées par le gouvernement n’étant pas levées, la suspension des activités sportives étant toujours d’actualité, les potentiels selectionnés pour le CHAN étant dans une forme mal connue, le sélectionneur sous la pression de l’obligation de résultats, il fallait faire quelque chose.

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Rassemblement opportun ou inopportun ?

Clément Arroga avait le choix entre deux options. La première, valablement défendue hier lundi dans le cadre de l’émission le Onze entrant par notre confrère George Mbimbè, rédacteur en chef adjoint de radio sport info qui en substance estime que “Arroga aurait dû attendre de voir se disputer quelques journées de championnat afin de se détacher de l’idée des sélections dites complaisantes”. Pour les tenants de cette option, la sélection des 30 d’Arroga ne repondrait à aucun critère objectif si ce n’est de la complaisance.

La seconde option est celle de l’action: il faut faire quelque chose. Et cette liste du technicien camerounais s’y inscrit et trouve sa pertinence dans l’urgence de la compétition qui jusqu’ici est programmée pour Janvier (dans 4 mois), la nécessité d’évaluer au plutôt le groupe quand il est encore temps, et l’impératif de mettre à niveau ceux qui sont susceptibles de l’être, tout ceci dans un esprit de concurrence saine (d’où la convocation de 30 joueurs). Et à bien y regarder l’immobilisme absolu aurait pu être lourd de conséquences, car pouvant mettre le sélectionneur dans une situation bien plus délicate et irréversible, surtout dans ce contexte d’omerta sur la date de reprise du championnat. Arroga a donc agi en bon manager, car prévoyant et préventif. Et de toute façon entre s’entraîner et ne pas s’entrainer, le choix est très vite fait.

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Quand nécessité fait loi !

La force des arguments étalés plus haut conduit à une évidence. S’il est clair que le cadre réglementaire actuel au cameroun n’autorise pas de rassemblements, le constat au sein de la société est qu’on s’éloigne de plus en plus de l’idée d’une pandémie hyper mortelle, et les populations vivent ou apprennent à vivre avec le Coronavirus. On brise peut-être un tabou en le disant ainsi, mais il faut juste voir chez nos voisins Européens et africains qui ont tous repris leurs compétitions pour comprendre qu’il y a plus de peur que de mal. D’ailleurs les mesures barrières en principe obligatoires dans l’espace public camerounais semble être devenues facultatives, sous les regard passif des forces de maintien de l’ordre : c’est tout dire. D’après une très célèbre maxime, 《qui veut la fin veut les moyens》; Alors on peut aussi dire que 《nécessité fait loi》,Et Clément Arroga l’a bien saisi. Face à l’imperatif de performance et l’obligation de résultat, il fallait faire quelque chose dans l’urgence.

À la vérité, parler des questions d’opportunité, de rationalité et de justesse relativement à une sélection c’est aussi remettre à l’ordre du jour la qualité de la gestion de nos administrations en général et notre football (dans sa globalité) en particulier. Et le constat est effrayant: les dirigeants camerounais ont encore de la peine à intégrer la notion de “système”, laquelle suppose un ensemble d’élements en interaction dynamique pour un but précis. Les goulots d’étranglements à chaque niveau empêchent une prise de décision optimale. Si on sait que Arroga doit préparer son équipe et que le championnat doit reprendre, on lève simplement les verrous juridiques. Hélas ! Confronté à ce dilemme, Clément Arroga a fait un choix, celui de l’action. Bien que osé et risqué, il n’en demeure pas moins un choix, car l’unique responsable du résultat de l’équipe, c’est le sélectionneur. Qui veut la fin veut les moyens.

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