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INTERVIEW : DAVID PAGOU ET CASIMIR MANGUE SE LIVRENT

INTERVIEW : DAVID PAGOU ET CASIMIR MANGUE SE LIVRENT

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Respectivenent 1er d’Elite One et 4e d’Elite Two avec leur club PWD de Bamenda et OFTA de Kribi, David Pagou et Casimir Mangue nous parlent de la menace du Coronavirus et la vie sans football. C’est dans le cadre d’un entretien croisé réalisé par Alain Denis Ikoul. 

C’est quoi le quotidien d’un entraîneur en cette période de confinement d’un point de vue personnel?

D.M: Au réveil le matin j’essaye de lire un peu l’actualité sur internet, ensuite je jette aussi un coup d’oeil sur le téléviseur pour avoir les informations locales, et je termine la matinée avec quelques exercices physiques. Après on essaye de prendre des nouvelles des joueurs. 

C.M : Mon quotidien se résume à faire de lectures à la maison, regarder la télévision, et lorsque c’est nécessaire sortir se ravitailler à la boutique d’à coté. 

La vie sans football, c’est quand même triste 

D.P:  Très difficile, surtout pour moi qui suis parti vivre à Bamenda sans ma famille. Je n’avais que le football avec ses multiples voyages pour les matchs. Tout a changé dans ma vie.

C.M : Vous savez le football c’est notre passion. Et là actuellement c’est comme ci on nous avait enlevé une partie du corps. C’est triste et difficile de vivre sans sa passion.

Êtes-vous en contact permanent avec vos joueurs ? ‬

D.P: Oui nous restons en contact malgré que chacun soit chez lui. Nous avons une plate-forme sur Whatsapp où nous échangeons au quotidien ; c’est vital pour le groupe.

C.M : En contact… Oui, mais pas de façon permanente.  On discute de temps en temps, je prends de leurs nouvelles dans la mesure du possible, mais pas forcément de façon permanente.

Comment l’entraîneur que vous êtes gère son groupe depuis la maison ?

D.P: Comme je vous disais tantôt, nous avons une plate-forme sur laquelle nous échangeons. Chaque joueur essaye comme il peut de se maintenir en forme. On ne peut pas être très exigeant envers eux en ce moment. Difficile d’évaluer leur niveau faute de match. On leur demande juste de rester disciplinés.

C.M: Les choses sont allées trop vite. J’essaye juste de les sensibiliser régulièrement à respecter les consignes de travail qui leurs ont été édictées. On sait combien c’est difficile surtout sans salaires, mais on essaye d’échanger avec les enfants via whatsapp. 

Et comment faites-vous pour entretenir la forme de vos joueurs ?

D.P: Déjà comme je vous le disais tantôt, nous avons baissé le niveau d’exigence envers les joueurs. Ils ont un programme d’entraînements que je leur communique régulièrement, et chacun essaye de le respecter dans la mesure du possible. Toute la communication se passe dans le forum Whatsapp. 

C.M : Il n’y a pas mille manières d’entretenir les joueurs actuellement. On discute de temps en temps dans le forum, et parfois je peux appeler certains individuellement pour prendre de leurs nouvelles et s’assurer de l’effectivité du respect du protocole qui leur avait été indiqué à la séparation. 

Ne craignez vous pas de récupérer des joueurs loin de leur forme antérieure? 

D.P: Le risque est réel. Même si au cameroun on est un peu habitué à ces longues trêves interminables. Mais il est important que nous soyons informés de la date de reprise assez tôt afin d’avoir suffisamment de temps pour la préparation. 

C.M : Il est claire que rester ainsi sans entraînements et sans compétition va impacter négativement sur la forme des joueurs. Cela pourrait même les exposer à des blessures de toutes sortes, et c’est bien dommage.

Selon vous, est-il préférable de continuer le championnat ou de l’annuler ? 

D.P: Je suis un adepte de la vie. Pour moi tout passe la vie continue. Je suis donc très opposé à l’idée qu’une simple maladie vienne remettre en question tout un monde. Non… je pense que nous devons être plus forts que ça et poursuivre ce championnat. 

C.M : Il vaut mieux finir la saison pour permettre à toutes ces équipes qui se sont investies dans la douleur de se satisfaire. Annuler  la saison comme ça causera d’énormes préjudices aux clubs.

Le fait de ne pas connaître la date de la reprise n’aide pas les clubs, n’est-ce pas ? ‬

D.P: C’est un vrai problème. L’entraînement c’est la planification. On s’entraîne pour un rendez-vous précis.  Et quand on s’entraîne sans savoir quand est-ce qu’on joue, il devient difficile de planifier.

C.M: C’est un réel handicap pour tout le monde. Vous ne pouvez rien entreprendre ni planifier dans ces conditions.

On sait que les clubs pour la plupart ont suspendu les salaires du personnel et des joueurs et entraîneurs: est-ce le cas pour votre club et si oui comment mobilisez-vous des joueurs sans salaires ?

D.P: C’est une vrai que les salaires sont suspendus, mais chez nous à PWD de Bamenda les salaires et primes venaient d’être payés quelques jours avant l’arrêt du championnat. Aussi, le président a dépanné les enfants avant la séparation. Quant à la mobilisation, on communique dans le forum et chaque joueur sans pression s’entretient.  

C.M : On ne peut pas parler de suspension des salaires parce que les salaires n’existaient déjà pas… Les dirigeants dans la plupart des clubs ont juste profité de cette situation pour ne pas définitivement résoudre les problèmes de salaires.

Votre président a-t-il eu une discussion avec vous pour vous faire part du nouveau mode de fonctionnement du club avec cette pandémie ou alors vous avez juste constaté les choses (notamment l’absence de salaires et arrêt des entraînements) ?

D.P : Effectivement ! À l’annonce des mesures gouvernement par le premier ministre, on sentait venir l’impact sur le football. J’ai d’abord eu une discussion avec le président et après j’ai rencontré les joueurs pour le leur signifier.

C.M : Aucune discussion n’a existé avec le président… aucune disposition n’a été prise face à cette situation. D’ailleurs quelques joueurs et moi avons été contraints de puiser dans nos fonds propres pour se retrouver dans nos familles respectives partant de Kribi. Rien n’a été fait et c’est dommage. 

Quel est votre regard sur le déroulement du championnat au Cameroun cette saison ? 

D.P : C’est un championnat plutôt réussi, car le CTT fait tout pour respecter les dates, contrairement aux editions précédentes. C’est vrai que le rythme est assez soutenu avec les matchs parfois tous les trois jours du fait de la pression de la CAF, mais globalement ça reflète quand-même le professionnalisme. 

C.M: Sincèrement je suis très déçu. Déçu parce que nous sommes très loin du professionnalisme tant annoncé. Les dirigeants doivent essayer de voir s’ils sont en droite ligne avec les exigences du professionnalisme. Je suis très déçu car ça manque de sérieux dans l’organisation entre autres. 

Quel appréciation faites-vous de votre saison ? ‬

D.P : À la fin du match d’ouverture de la saison (colombe – Bamboutos), le président m’a appelé au téléphone et me dit “est-ce que tes enfants pourront tenir dans ce championnat avec le niveau que je viens de voir à Yaoundé? ” Il le disait parce que c’était un très beau match avec deux belles équipes techniquement et tactiquement prêtes. Je lui ai simplement répondu trivialement:  “Ndamba na for field”. Et aujourd’hui je pense être dans la bonne voie.

C.M: Mon appréciation est mitigée! Souvenez-vous que nous avions commencé difficilement avant de retrouver le rytme à mi-chemin en occupant à un moment la deuxième place du classement. Après je suis tombé malade et tout s’est effondré pendant mon absence car les enfants ont enchaîné deux défaites. À mon retour on a essayé de relancer la machine, et aujourd’hui nous sommes à la 4e place .

Pendant cette trêve vous arrive-t-il de vous remettre en question au point de penser à changer quelque chose dans votre management ?

D.P: Il est capital de se remettre en question dans ce métier.  Je lis beaucoup, je revois mes séances d’entraînements, mes matchs, je vois mes erreurs et je trouve des stratégies pour les corriger. J’essaye toujours de m’inspirer des expériences de ceux qui ont réussi pour m’améliorer. 

C.M :C’est un devoir permanent pour tout entraîneur . Moi je me remets en question à la fin de chaque match. Parfois dans le bus après les enfants me chambrent disant que je suis un obsédé du football, parce que je suis toujours entrain de chercher ce qui n’a pas marché.

C’est quoi votre objectif personnellement  pour cette fin de saison ?

D.P: En début de saison le président m’a dit que je me batte pour assurer le maintien, car le club a trop souffert la saison dernière. Je suis resté tranquille car je savais ce que je visais… Aujourd’hui on est en tête à six journées de la fin, difficile de ne pas viser le titre.

C.M: Personnellement j’aimerais permettre à cette équipe de finir dans le top 3. Je pense qu’avec la saison que nous faisons jusqu’ici, nous le méritons.

Que faudra-t-il pour l’atteindre ?

D.P: Il faut maintenir le rythme de travail et la motivation en match. On a des joueurs qui ont une excellente base technique, il faudra juste rester concentré.

C.M: Il faut juste continuer de travailler, être discipliné et entreprenant. Nous sommes actuellement quatrième, le mot d’ordre pour les deux matchs restants c’est la victoire.

Yves Clément Arroga estime que le niveau des joueurs au cameroun a beaucoup progressé cette saison à cause de l’engouement autour du Chan. Avez-vous le même sentiment ? 

D.P: Moi j’ai envie de lui demander s’il a vu les autres éditions de championnat! C’est trop facile d’arriver et parler comme si rien n’était fait avant… Non! Si les enfants ont progressé c’est parce qu’il y’a un travail de fond qui est fait par les entraîneurs. Même s’il est vrai que le fait d’abriter le CHAN et la CAN a aussi boosté les garçons dans leur mental.

C.M: C’est un avis que je respecte. Clément c’est un ami, mais je pense que tout expliquer par l’engouement du CHAN n’est pas juste, car on peut avoir toute l’envie du monde, mais si on ne travaille pas on atteindra pas l’objectif. Je pense donc que c’est un tout: les entraineurs se sont davantage appliqués, les joueurs aussi et même les médias se sont fait plus professionnel, tout ceci en plus de l’engouement qu’évoque clément. 

Quel est le message que vous pouvez transmettre aux gens qui prennent à la légère ce virus ‬?

D.P: La menace est réelle, les gens meurent tous les jours, alors il faut se méfier et respecter les mesures du Gouvernement.

C.M : Mais simplement qu’ils exposent leurs vies et celles des autres. C’est un virus qui décime la société et les familles. Il faut faire attention car le danger est là.

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