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INTERVIEW CFOOT MAG : ALAIN DJEUMFA «JE CROIS EN MOI MALGRÉ LES CRITIQUES»

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Alain Djeumfa revient sur son année 2019 à la tête de l’équipe nationale de football féminine du cameroun, après bientôt un an avec cette sélection. Pendant une heure, le sélectionneur des lionnes indomptables nous a parlé de tactique, expliqué ses choix, mais aussi évoqué sa façon de vivre le “bashing” permanent dont il est victime. Il n’a rien éludé.


Interview réalisée par Alain Denis Ikoul

CFOOT : Comment avez-vous accueilli la nouvelle de votre nomination à la tête de la sélection nationale féminine ?

Alain Djeumfa: ​C’est une chose normale, car je suis camerounais, et on m’a donné l’occasion de travailler avec des jeunes. C’est un appel à un nouveau challenge pour moi, et j’y apporte ma contribution pour que tout se passe bien.

L’ambiance au sein du groupe était-elle la meilleure?

Les filles sont certainement mieux placées que moi pour répondre à cette question, mais je suis venu avec ma philosophie et ma façon de faire, et c’est à elles d’y adhérer.


Avez-vous ressenti l’adhésion des joueuses à l’idée de vous avoir comme entraîneur ?

Les résultats de l’équipe jusqu’ici montrent plutôt que l’ambiance est bonne. Car que ce soit dans le groupe ou en dehors, c’est quasiment le même état d’esprit. Les filles adhèrent au projet, et tout se passe plutôt bien.

Quel type d’entraîneur est Alain Djeumfa et quels sont ses modèles dans ce métier ?

Je suis un entraîneur rigoureux et travailleur; mes modèles dans le métier sont des personnes comme Fabio Capello, j’aime aussi Jurgen Klopp, et j’aimerais implémenter leurs méthodes et obtenir leur résultats. Du moins que ce soit dans le passé (en club, ndlr) ou actuellement, j’essaye toujours de leur ressembler.

Avant la coupe du monde vous avez rencontré la Croatie, la Chine et l’Espagne et avez perdu deux fois contre une seule victoire; ces matchs ont-ils conditionné vos choix pendant la Coupe du monde ?

Nous étions dans la préparation de notre mondial. La Croatie et la Chine c’étaient lors d’un tournoi ou nous avons effectivement perdu en finale (0-1) face à la Chine. Par la suite, on a affronté l’Espagne en amical et perdu 0-4 aux termes d’un match qui ne reflétait pas véritablement nos capacités réelles, car nous sommes arrivés à 1h du matin et jouer en journée ce n’est jamais facile. Ces matchs nous ont néanmoins donné des idées pour mieux affronter la compétition qui était d’ailleurs le plus important.


«Nous avons atteint notre objectif de nous qualifier en huitièmes de finale»

CFOOT MAGAZINE

Êtes-vous satisfait de la Coupe du monde de votre équipe ?

Sincèrement ? Oui ! Je suis satisfait de notre Coupe du monde. Quand on est dans une poule en compagnie du 5e, du 8e et du 18e au classement Fifa et qu’on réussisse à s’en sortir pour les huitièmes de finale et être éliminé par l’Angleterre, on doit en être heureux. Il ne reste plus qu’à capitaliser cela pour l’avenir.

On vous a vu faire évoluer votre système de jeu et vos choix tactiques au fil des matchs ; que regrettez-vous dans vos choix ?

Honnêtement je ne regrette rien. L’objectif était de se qualifier pour les huitièmes, nous avons à chaque fois mis sur pieds un plan de jeu qui devait nous maintenir focalisé sur l’objectif. Nous avons atteint cet objectif, alors je peux rien regretter.

Expliquez-nous l’idée dans le jeu et vos choix pendant la Coupe du Monde (5-3-2, 4-3-3 et 4-3-3)

Au premier match on joue le Canada, 5e mondial, avec 90c/o des filles ayant cumulé chacune plus de 60 matchs de haut niveau pendant la saison. Nous, nos filles évoluent pour la plupart en deuxième division française, et au Cameroun. En essayant de jouer d’égal à égal, ça allait être très compliqué. Nous avons donc aligné un système ultra défensif pour nous permettre de limiter les espaces dans notre équipe. Ça a plutôt bien fonctionné, malheureusement on a pris ce but qui était très évitable. Au second match, nous avons d’abord déploré le fait de jouer à Valenciennes qui est à 45 minutes du Pays-Bas. Dans le jeu, nous avons un peu ouvert, car l’objectif était de marquer pour soigner la différence de buts. À la fin on perd 3-1 en ayant toujours nos chances pour la qualification. Et effectivement ça fonctionne car en gagnant 2-1 au dernier match, on s’est qualifié. En huitièmes, nous avons fait souffrir l’Angleterre avec ses stars, mais avons perdu à la fin.

Justement, quelle étaient les consignes données à Ajara et Onguene contre l’Angleterre ?

Ce sont des filles qui vont vite, alors nous avons basé notre jeu sur les contre-offensifs. Il fallait collectivement quadriller le terrain pour facilement se projeter après récupération de la balle pour trouver nos joueuses offensives. Ça a plutôt fonctionné car, menés 2-0, nous avons réduit le score avec ce but refusé à Ajara par l’arbitre.

Vous sentiez-vous affecté par les critiques pendant la compétition ?

C’est tout cela qui fait le charme du football. Chacun peut donner son opinion, mais à la fin c’est le résultat qui compte. J’avais mon plan dans ma tête, j’avais mes idées, j’écoutais les critiques mais j’étais focalisé sur ce que j’avais prévu pour mon équipe. J’ai plutôt pris cela dans le bon sens, et parfois ça m’a permis d’avancer.

Et vos joueuses… les avez-vous senties affectées par ces critiques ?

Pas du tout… Au contraire, nous essayons toujours de capitaliser dessus pour avancer en galvanisant les filles.

Avant la Coupe du monde vos propos sur la visite de Samuel Eto’o ont défrayé la chronique. Regrettez-vous ces propos aujourd’hui ?

Pourquoi regretter ces propos ? Samuel Eto’o est un camerounais qui apporte ce qu’il peut à ses jeunes frères et soeurs. Je l’ai trouvé approprié. Nous allions en compétition, et tous les encouragements étaient les bienvenus pour aider l’équipe.

Vous assumez donc vos propos… !

Effectivement, je les assume.

Comment jugez-vous votre campagne qualificative aux Jeux Olympiques jusque là ?

Plutôt content, très content d’ailleurs, car nous sortons d’une coupe du monde et l’équipe est en pleine transition. Nous essayons d’y intégrer des jeunes joueuses. C’est difficile parce-que nous faisons là en peu de temps ce que les autres font en olympiades (4 ans, ndlr), mais Dieu merci, car les résultats sont quand même au bout.

Ça s’est quand même joué à peu de choses à chaque fois… !

Il fallait s’y attendre. L’équipe est rajeunie de 60 à 70%, ce sont des jeunes joueuses, je prend beaucoup de risque avec elles et je ne regrette pas jusque là.

Vous avez intégré beaucoup de jeunes dans l’équipe depuis quelques temps… Etait-ce une nécessité ?

Il fallait rajeunir le groupe, compte tenu d’un certain nombre de paramètres. Il fallait absolument du sang neuf; c’est risqué mais je le prend sur moi. Heureusement jusqu’ici, les résultats suivent, même dans la douleur.

La page Gaëlle Enganamouit est-elle définitivement tournée ?

Gaëlle poursuit sa rééducation, elle est jeune, elle va reprendre avec la compétition, l’équipe lui reste ouverte et seules ses prestations vont en décider.

Avec le recul aujourd’hui, Est-ce-que vous regrettez sa sélection pour la Coupe du monde ?

Gaëlle nous a toujours beaucoup aidé. Offensivement quand je revois ses matchs, je pense qu’elle nous a beaucoup apporté dans le jeu.

Que se passe-t-il avec Marie Awona ?

Marie Aurelle avait un soucis au genou, elle n’a repris les entraînements avec son club qu’au mois de novembre. Vous la verrez dans la liste dès le prochain regroupement.

Raissa Feudjio est blessée et sera out pour le match contre la Zambie, comment on compte gérer son absence ?

Raissa est une joueuse importante de notre dispositif, nous sommes tous affectés par ce qui lui est arrivé. Je suis entraîneur pour pouvoir trouver des solutions à ce type de situations. Nous travaillons sur ce dossier, et vous aurez la réponse à cette question lors des prochaines rencontres.

Vous êtes l’un des favoris pour le titre de meilleur entraineur Africain de l’année… Une grande fierté n’est-ce-pas ?

C’est une récompense pour mon travail, pour la jeunesse camerounaise, il faut toujours croire en soi, moi je crois en moi malgré les critiques, et aujourd’hui c’est la CAF qui pense à me récompenser.

Quels sont selon vous les arguments qui pourraient faire la différence et vous démarquer de vos concurrents ?

Je ne suis pas dans le secret des choses. Je ne sais pas déjà comment ça s’est passé pour que je sois à ce niveau, donc attendons.

Beaucoup de Camerounais pensent que Njoya Ajara est “votre sauveuse” qu’en dites-vous ?

Ajara est une joueuse de notre effectif, une très bonne joueuse qui actuellement nous apporte beaucoup sur le plan offensif. Elle joue bien son rôle sur le terrain, c’est à dire faire des passes de buts et inscrire des buts. Elle les marque à de très bons moments, et nous ne pouvons qu’en être fiers, et le peuple camerounais aussi.

Elle est donc votre sauveuse !

C’est une joueuse de notre effectif, et elle fait son travail.

Sera-t-elle élue Ballon d’or Africain ?

C’est mon souhait.

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