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CAMEROUN

FECAFOOT – LFPC : COMPRENDRE LA POMME DE DISCORDE

L’adoption des statuts de la Ligue lors de l’assemblée générale de la Fecafoot du 26 juillet 2019 est le principal élément déclencheur de la crise.

Un secret de polichinelle. Depuis plus d’un an, le torchon brûle entre la Fecafoot et la Lfpc. Deux acteurs majeurs du football camerounais qui se livrent à des attaques et des contre-attaques par décisions interposées. Une guéguerre qui trouve son origine dans une dynamique des réformes. Singulièrement celles relatives au réajustement de certains textes de base. Et surtout, leur mise en pratique par l’actuelle équipe dirigeante de la Fecafoot.

Adoption des statuts de la Ligue par la Fecafoot en 2019

Lors de l’assemblée générale extraordinaire de la Fecafoot du 26 juillet 2019, il est procédé à l’examen et à l’adoption d’un corpus de textes règlementaires. C’est dans cette logique que vont être adoptés les statuts, les règlements généraux de l’instance fédérale. Mais aussi, les statuts-types des ligues décentralisées et spécialisées, au rang desquelles la Lfpc. Un procédé que va contester la Ligue. Pierre Semengue, président de la Lfpc, va même prématurément quitter les travaux. Les nouveaux textes fixent par exemple l’âge maximal à la tête de la Ligue à 75 ans. La désignation des officiels est désormais aussi du ressort de l’instance fédérale. De la même façon que l’assemblée générale de la Fecafoot est compétente pour modifier lesdits statuts. Ce qui va constituer l’élément déclencheur n°1.

Suspension de la Ligue en septembre 2019

Ces premières étincelles entre les deux protagonistes vont s’accentuer près d’un mois après. La Ligue est résolue à rentrer dans ses droits par la voie judiciaire. Le bureau du Comité exécutif de la Fecafoot décide de suspendre la Ligue avec effet immédiat. La raison invoquée est la violation grave et réitérée de ses obligations de soumission aux textes et directives de sa hiérarchie. Le 3 septembre se tient une session du Comité exécutif de la Fecafoot. La situation au sein de la Lfpc fait partie des points inscrits à l’ordre du jour. À l’issue des travaux, l’instance décide à l’unanimité de la suspension de celle-ci et de la création du Comité technique transitoire (CTT). Toutes les prérogatives déléguées à la Ligue sont reprises par la Fecafoot. « Manquement, dysfonctionnement et défaillance constatés » sont évoqués par le communiqué final de la réunion. Une résolution qui va produire l’élément déclencheur n°2.

Sur le terrain contentieux

Selon Pierre Semengue, président de la Lfpc, concernant les statuts de juillet 2019, la Fecafoot est en infraction avec ses propres statuts. Dans le cas d’espèce, il n’est nullement inscrit dans les statuts de la Fecafoot, la possibilité pour son assemblée générale, d’adopter ou de modifier les statuts d’un de ses membres. A cela s’ajoute, le principe de l’indépendance des membres et de leurs organes au sens de l’article 18 alinéa 1 desdits statuts.
S’agissant de sa suspension par le Comité exécutif, elle devait être entérinée au cours de l’assemblée générale du 16 octobre 2019. Ce qui ne fut pas le cas. Un défaut de procédure qui va pousser la Ligue à introduire deux requêtes auprès de la Chambre de conciliation et d’arbitrage du Comité national olympique et sportif du Cameroun. Une d’elles est relative à sa suspension. L’autre aux nouveaux statuts décriés plus haut. Le 19 octobre 2019, la Cca se déclare incompétente pour connaître les deux requêtes de la Lfpc pour non épuisement des voies de recours internes à la Fecafoot (comme le prévoit la loi camerounaise sur les activités physiques et sportives de juillet 2018). Insatisfaite par cette décision, la Ligue va poursuivre sa procédure contentieuse concernant uniquement sa suspension devant le Tribunal arbitral du sport (Tas). C’était le 19 février 2020.

Decision du Tas et l’accord Fecafoot-Lfpc

Le 14 septembre 2020, la juridiction siégeant à Lausanne livre son verdict. La Ligue est réhabilitée dans ses droits liés à l’organisation des championnats professionnels à compter du 18 octobre 2019. En vue de l’application de cette sentence, les deux parties vont sceller un accord. Celui-ci va se matérialiser dans la résolution 13 de l’assemblée générale de la Fecafoot du 25 septembre dernier. Conformément audit accord, la résolution prévoit : le maintien à titre exceptionnel de Pierre Semengue comme président de la Ligue du fait de la limite d’âge jusqu’en juin 2021 (puisqu’il lui restait huit mois à la tête de la Lfpc au moment de la suspension), la nomination par la Fecafoot dans un délai de trois jours du secrétaire général de la Lfpc, la convocation d’une assemblée générale élective dans un délai de 30 jours afin de remplacer les membres du conseil d’administration ayant perdu cette qualité et le mandat au Comité exécutif de la Fecafoot d’intervenir en cas de remise en cause de tout ou d’une partie dudit accord. Un accord qui sera dénoncé à la fin de cette Ag par Pierre Semengue. Ce dernier estimant avoir été piégé.

Comme prévu, le 28 septembre 2020, la Fecafoot va procéder à la nomination de Paul Mebizo’o comme Sg de la Ligue. Une décision contestée par la Lfpc. Celle-ci précise qu’une telle désignation doit s’effectuer sur sa proposition. Le délai de convocation d’une assemblée générale élective tel qu’indiqué dans l’accord est également dépassé.

Les Assemblées générales du 27 et du 29 octobre 2020

Comme avant sa suspension, le climat n’est guère radieux au conseil d’administration de la Ligue. Aux membres ayant perdu cette qualité, vont s’ajouter les démissions de quatre autres. Les clubs, qui constituent la Ligue, sont clairement divisés en deux camps. D’une part, une portion de présidents de clubs fidèles à l’exécutif réhabilité par la sentence du Tas. Ils participent d’ailleurs à une Ag organisée par la Lfpc le 27 octobre dernier. Une rencontre qui a permis de modifier certaines dispositions des statuts de l’Ag de la Lfpc de 2014 qui restent en vigueur pour Pierre Semengue. D’autre part, un regroupement de clubs qualifiés de « frondeurs » par la Lfpc qui a tenu une autre assemblée générale deux jours plus tard à Mbankomo. Au cours de ce conclave, il a été décidé de la dissolution de la Lfpc.

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