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CHAN 2020 : « TARA » ET LE PAROXYSME DE L’AMATEURISME…

Sharinc is caring

Par Ghislain Koungang

Soit le Cameroun est tout simplement maudit, soit les hommes qui sont mis en place sont tout simplement incompétents. Sinon comment expliquer que les grands moments de ferveur, de communion et d’harmonie soient depuis un temps transformés en tribunes d’expressions massives des divergences ?

Après l’échec cuisant de l’organisation de la coupe d’Afrique des nations 2019 et bien évidement le débarquement de Pierre Ismaël Bidoung Mkpatt,du ministère des sports et de l’éducation physique comme pour bouc- émissariser la « grande honte , le nouveau patron des sports a tout de suite pris ses marques. C’est ainsi que le Pr Narcisse Mouelle Kombi s’est donné corps joie dans une sorte de communication intensive et ce par divers canaux, rendant compte de presque tout sur l’actualité de son département ministériel.

C’est dans cette veine que l’on a appris le lancement début novembre par le ministère des sports et de l’éducation physique du concours portant sur la conception d’une mascotte pour le compte du championnat d’Afrique des nations CHAN que le Cameroun abrite en 2020. Tout comme l’hymne national, cette pratique rentrait plutôt agréablement dans les règles de l’art.

L’opinion publique nationale et même internationale a alors vécu en direct à la télévision nationale à capitaux publics, la cérémonie de présentation de la Mascotte nommée « Tara » le 14 décembre 2019. Une cérémonie grandiose, comme on aime bien les organiser au pays, en direct du palais des sports de Yaoundé, comme pour faire ressortir le côté symbolique de l’événement en conformité avec le temple qui l’incarne le mieux au Cameroun aujourd’hui.

L’on apprendra alors, par la voix d’un membre éminent du comité d’organisation en l’occurrence Mbombock Malet Ma Njami que « Tara » a été officiellement retenu parce qu’ « il avait un certain nombre de référents qui semblaient être intéressants pour une mascotte représentative du Cameroun ».

Le membre du comité d’organisation était à ce moment, loin très loin de se douter du tsunami géant qui allait suivre. C’est ainsi qu’en l’espace de 24 heures, les réactions ont inondé autant les réseaux sociaux que les médias classiques, critiquant amèrement et vertement la mascotte retenue, dénonçant son caractère grossier inesthétique. Des critiques aussi pertinentes les unes que les autres à tel point que l’on a du opérer une espèce de rétropédalage au ministère de sports et de l’éducation civique, consacrant encore une fois, un amateurisme outrancier devenue finalement routinier.

La honte ne tuant pas, le membre Mbombock reviendra à la charge : « On n’a pas encore d’hymne encore moins de mascotte, on a des propositions émanant des concours qui ont été lancés dont les jurys proclamaient les résultats » et de poursuivre « Ce qui n’est pas saint dans cette agitation, c’est que ceux qui ont lancé ce débat dans les réseaux sociaux connaissent parfaitement le processus de validation de la mascotte ».

On apprendra alors que seule l’arbitrage très attendu de la CAF pourra trancher. Une précision qui enfonce plutôt le comité d’organisation, renforçant l’idée selon laquelle, ce sont bien les qualificatifs assénés par les camerounais sur la toile à « Tara » traité d’ « horreur », de « totem » d’ « effrayant » et autres qui ont dissuadé le ministère. Sauf à faire comprendre aux camerounaises et camerounais que malgré la conjoncture économique âprement difficile, des sommes faramineuses ont été déboursées pour organiser une cérémonie diffusée en direct à la CRTV, pour présenter une mascotte provisoire en attendant de trouver une mascotte définitive et probablement réorganiser une autre soirée avec l’argent du contribuable. Mince… C’est à se demander si nous vivons tous dans le même pays…

Autre incongruité, comme le comité d’organisations peut-il présenter officiellement une mascotte sans l’approbation préalable de la CAF. Pourquoi attendre qu’elle soit vomie par les camerounais et probablement la Caf pour brandir l’argument suivant lequel c’est à l’équipe d’Ahmad Ahmad de trancher.

Vivement que le professionnalisme prenne très rapidement et urgemment le pas sur l’amateurisme afin que l’honorabilité du Cameroun commence à se rétablir sur la scène continentale et même mondiale.

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