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ARRÊT DU CHAMPIONNAT : AU COEUR DE LA SÉCHERESSE FINANCIÈRE DES JOUEURS ET ENTRAÎNEURS

ARRÊT DU CHAMPIONNAT : AU COEUR DE LA SÉCHERESSE FINANCIÈRE DES JOUEURS ET ENTRAÎNEURS

Sharinc is caring

Après la décision de l’arrêt du championnat pour cause de Coronavirus, les joueurs et entraîneurs d’Élite au cameroun traversent une crise financière sans précédent : une crise plutôt prévisible. 

De la médiocrité à la promiscuité !

Dans un contexte marqué par une absence criarde de résultats financiers liée à l’improductivité des clubs, la pandémie du Covid-19 vient mettre définitivement fin aux derniers espoirs de survie des acteurs du football déjà “sous assistance respiratoire” d’un point de vue financier. Si en temps normal les joueurs et entraîneurs peinent à tenir avec des salaires et primes d’entraînements qui frisent l’esclavage quand bien même ils sont disponibles, la cessation complète de tout apport financier vient donc définitivement assommer les footballeurs déjà agonisant: «Avant la crise je percevais 40.000 francs de salaire et 500f de prime d’entraînement. Au mois de Mars avant l’arrêt du championnat, personnellement j’avais trois mois d’arriérés de salaire. Ma prime de signature avec le club n’a jusqu’aujourd’hui pas encore été entièrement payée, et avec le Coronavirus vous pouvez vous-même imaginer ma situation» nous confie un joueur d’élite dans l’anonymat. C’est dire à quel point il est plus que jamais difficile et même suicidaire d’être footballeur au cameroun en ces temps de pandémie.

Comment en est on arrivé là ?

Évoquer la situation des joueurs Camerounais c’est questionner l’économie du sport camerounais dans sa globalité. En effet, il est clairement établi que l’investissement dans le milieux du football de club au Cameroun est sans doute voué à un cuisant échec, car de façon structurelle les clubs et la fédération ne font aucune entrée financière et sont contraints à fonctionner sous fonds propres sans réel espoir de rentabilité.  Les quelques niches d’enrichissement qui pourraient exister pour les clubs sont la vente de joueurs et la qualification en compétitions continentales. Or, ces deux éléments sont la chasse gardée de certains clubs (coton sports de garoua prioritairement et entre autres Union Sportive de Douala quelques fois). Dans une économie à sens unique (sorties sans entrées), il devient donc évident de voir des employés relégués à la promiscuité, surtout lorsqu’à certains moments ces faiblesses de l’économie sont conjuguées à la mauvaises foi des dirigeants de clubs.

Et la Fédération ?

Pour cette nouvelle saison d’élite One et Two, la fédération camerounaise de football a décidé de reprendre la main par l’entremise du Comité Technique Transitoire (CTT). Ainsi, les clubs ont perçu comme à l’époque de la LFPC, de modiques sommes pour débuter la saison. Un soutien volontaire de l’instance faîtière pour voler au secours des clubs en panne de force pour un démarrage effectif. Il y’a quelques jours encore après l’annonce de l’arrêt du championnat, Joseph Feutcheu interrogé sur la gestion de son club pendant cette période par nos confrères du quotidien Le Jour répondait ainsi : «Je crois que vous devez plutôt demander à la Fécafoot comment elle gère ses clubs pendant cette période de confinement. Nous ne nous appartenons pas, nous sommes membres d’une fédération. Nous sommes à la merci de la Fécafoot. Nous avons un parent, et nous sommes comme un bébé qui attend son biberon. Pour ce coronavirus ou corona virulent, nous devons tous nous mettre en prières, en respectant les prescriptions du gouvernement. Nous sommes à la maison. Si la Fécafoot nous laisse tomber, nous allons tomber.» Des paroles qui visiblement ne sont pas tombées dans des oreilles de sourds car depuis le 17 Avril, la FECAFOOT via le CTT a décidé d’apporter un appui spécial à 25 joueurs et encadreurs de chaque club d’Elite.

C’est donc un véritable enfer que vivent les acteurs du football en ces temps de pandémie. Si la situation peut être considérée comme générale à travers le monde du football tout entier, elle est assez particulière pour le cas du Cameroun car le Covid-19 vient juste renforcer la tristesse d’une situation déjà alarmante dans sa structure et son essence. L’appui spécial de la FECAFOOT, apporte à coup-sûr une bouffée d’oxygène aux joueurs et entraîneurs mais vient aussi reconforter l’idée d’un football camerounais en permanente décrépitude, et qui doit au plutôt se réinventer un modèle économique viable.

La Fecafoot a annoncé la mise à disposition d’une aide financière d’environ 40 millions de F CFA pour répartir à 25 joueurs et encadreurs de chacun des clubs de D1 et D2 (les championnats professionnels du Cameroun) et 20 joueuses et encadreurs du championnat national de football féminin de première division.

Alain Denis Ikoul

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