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ALAIN DJEUMFA : DE L’OMBRE À LA LUMIÈRE…

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Rendu à l’heure du bilan de l’année 2019, c’est l’occasion de parcourir la trajectoire du sélectionneur des lions indomptables.

En effet, porté à la tête de l’équipe nationale féminine le 26 janvier 2019, Alain Djeumfa cristallisait déjà les attentions, eu égard au parcours de son prédécesseur qui curieusement ne présentait pas un piètre. Ajouté à cela, le timing, soit quelques mois seulement avant la coupe du monde pour laquelle Brian Ndoko avait qualifié les lionnes. C’est dire qu’à la vérité, l’échec à la CAN au Ghana (3eme) qui plus est après une énième défaite face à la bête noire nommée Nigeria en demi-finale avait scellé le sort de Brian Ndoko et ouvert la piste Alain Djeumfa. Ce qui témoigne de l’étendue du challenge du nouveau technicien surtout avec la coupe du monde en ligne de mire directe.

Et comme pour ne pas arranger les choses, les débuts du nouveau sélectionneur des lions indomptables sont poussifs et les critiques ne se font pas attendre sur le jeu jugé stéréotypé, décousu, sans véritable identité, certains experts allant même jusqu’à parler d’une équipe sans âme. Dès lors, beaucoup commence à voir mal comment le Cameroun pourrait faire bonne prestation à la coupe du monde en France et ensuite se qualifier pour les Jeux Olympiques 2020.

Pendant ce temps, le natif de Bangou dans la région de l’Ouest se bouche les oreilles et travaille plutôt à inculquer sa philosophie au sein de son groupe. Et comble de malheur, Gaëlle Enganamouit, la super star de l’équipe est totalement à la ramasse. Elle qui aurait pu lui servir de parapluie. C’est ainsi qu’avant le début de la coupe du monde féminine en France, ils sont très peu, ceux là qui vendaient chère la peau du sélectionneur des lionnes indomptables de football.

En effet, Alain Djeumfa était perçu comme un cheveu dans la soupe et ce ne sont pas ses décisions prises qui allaient changer la donne, pire encore, le choix de retenir Gaelle Enganamouit dans la liste finale et ce malgré son passage à vide et ses gros pépins physiques apparaissait non seulement incompréhensible et injustifié mais aussi traduisait un manque de poigne et de personnalité. C’est dire que c’était donc déjà très mal embarqué pour le technicien.

Et comme si cela ne suffisait pas, le Cameroun a chuté d’entrée face au Canada (0-1) au terme d’une rencontre dont l’attentisme et l’absence de vista d’Alain Djeumfa auront été pointés du doigt comme éléments justificatifs de la défaite. Une situation qui n’est pas allée en s’améliorant puisque le match suivant a débouché sur un autre revers face aux pays bas (1-3).

Une défaite de trop pour les observateurs qui ont alors décidé d’en finir avec le technicien camerounais. S’en est alors suivi un lynchage médiatique à travers les différents supports possibles. A tel point que certains diront qu’il n’avait auparavant jamais entraîné une équipe nationale comme pour expliquer cette déconvenue inévitable à leurs yeux.

Alors que les carottes semblaient cuites, du moins, pour la plupart des camerounaises et camerounais, et ce malgré l’infime chance entretenue, les lionnes indomptables vont renverser la vapeur contre la Nouvelle Zélande (2-1) s’appuyant au passage sur un coaching plutôt bien articulé et donc réussi. La lueur d’espoir jalousement entretenue par l’immense minorité va se transformer en réalité palpable et dès lors, la pensée populaire selon laquelle “impossible n’est pas camerounais” prendra tout son sens.

Ricané, moqué il y’a quelques jours, Alain Djeumfa sera célébré et porté en triomphe par toute la République, y compris ses détracteurs d’hier. Le Cameroun venait de se qualifier pour les 8èmes de finale de la coupe du monde. En d’autres termes, le record de 2014 au Canada était désormais atteint et le challenge se poursuivait puisque l’opportunité d’aller plus loin, comme l’avait recommandé le gouvernement, s’offrait encore à la bande de l’intrépide défenseure Johnson. L’élimination par l’Angleterre, dans des conditions grossièrement inéquitables aura également nourrie la sympathie et l’amour des camerounais pour leur équipe et le sélectionneur avec.

Alain Djeumfa avait ainsi déjà réussi son coup, lui que l’on disait inapte à conduire cette formation pour avoir pris le train en marche. Le technicien venait de transformer ce handicap en avantage en obtenant en quelques mois seulement, ce que son prédécesseur avait réussi en plusieurs années. Aujourd’hui, dans le calme et la sérénité, Alain Djeumfa aura réussi à convaincre les plus sceptiques de mettre un peu d’eau dans leur vin en imposant sa philosophie.

En course pour la qualification aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020, après avoir tour à tour surmonté les obstacles éthiopien, congolais et ivoirien, il ne reste plus que la Zambie au prochain tour pour décrocher le ticket pour Tokyo, 8 ans après la dernière participation aux Jeux Olympiques de Londres. Une chose est certaine, à cheval sur la rigueur et la discipline, Alain Djeumfa a discrètement, peut être, mais surement, marqué son passage à la tête des lionnes indomptables du Cameroun, et sa nomination aux Caf Awards 2019 de meilleur sélectionneur africain de la catégorie féminine en constitue une parfaite illustration.

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